Après la Semaine Chèvre, le retour aux relations humaines sur l'île de Chiloé (qui n'est pas une islote minusculotte, mais une grande île de 200km de long sur 50km de large).
J'avais rendez-vous avec Julia (merveilleuse catalane rencontré un peu plus tôt à Pucón) à Puerto Montt, une heure au sud de la ferme. Aussi appelée "Muerto Montt" (voilà l'ambiance), c'est une ville que je n'ai pas bien eu le temps de connaître, mais qui m'a laissé une impression un peu sinistre. Et Julia est arrivée avec un australien dans ses bagages, Patricio (en fait c'est Pattrick, mais il préfère la version espagnole, on comprend).
Ensemble on a rejoint l'ïle de Chiloé: 90 km, trois heures de stop, pluie, serrés dans les camions avec les sacs à dos sur les genoux, mais l'important c'est d'arriver.
Ou quand le stop a ses limites
L'arrivée sur l'île
Les églises jésuites en bois d'abord, construites par les locaux, donc essentiellement par des marins, et qui ont parfois des airs de bateaux (dans les voûtes surtout, mais pas de photos à disposition). Aujourd'hui 150 de ces églises sont encore debout, et la plus vieille date de 1730. Toutes sont super-kitsh, peintes en jaune, orange, rose vif, bleu... Elles contrasent bien avec le ciel nuageux.
Enfin la mythologie est super-présente: El Millalono, mi-homme mi-phoque qui gouverne les océans et veille sur les marins. La Pincoya, une sorte de nymphe qui danse sur la plage si il y a des poissons. El Trauco, un sorcier-nain qui a des moignons à la place des pieds, change d'apparence pour séduire les femmes, ce qui permet aux marins de comprendre pourquoi à leur retour, après des années d'absence, leurs épouses sont enceintes.
Une fois sur l'île, on s'est implantés à Ancud, petite ville au nord de Chiloé. De là on a pu un peu se promener, avec des déplacements en stop pour la plupart, à l'arrière des Pick-up, pour ne pas faire dans le cliché.
Suite aux aigres remarques de ma soeurette qui pense que je n'aime le stop que par radinerie, je me justifie: oui, c'est vrai que c'est assez satisfaisant d'économiser un trajet, dans un pays où tout est assez cher (ca permet par exemple d'investir l'argent-transport en argent-nourriture-délicieux-fruits-de-mer-à-Chiloé). Mais pas que. Ca rend le voyage moins "tout-fait": on se lance le matin avec une destination en tête, sans être sur de pouvoir l'atteindre, et avec l'occasion à tout moment de pouvoir changer d'itinéraire. C'est aussi le meilleur moyen d'échanger avec les personnes qui nous prennent (d'autant plus avec une hispanophonne dans la voiture). On a ainsi rencontré deux chilottes de 80 ans qui ont un musée de la préhistoire (oui oui ! J'ai pas proposé de surveiller les salles), un mec qui avait un "Chanchito" (petit cochon) vivant de vingt petits kilos dans le coffre, des pêcheurs, des routiers, ...
La vue depuis l'auberge
L'auberge
Il est difficile de retranscrire cette semaine, riche en découvertes, mais aussi riche en "moments de rien", quand il pleut, quand on se couche trop tard, quand il devient trop fatigant de voir des choses magnifiques tous les jours (je rigole toute seule en en imaginant certains lire ca (particulièrement Jordy et Leïla)... Oui, désolée, ca fatigue les vacances).
Quelques moments marquants quand même.
La baie de Puñihuil. Premier jour sur l'île, grand soleil, au point qu'on peut même mettre les pieds dans l'eau (mais que les pieds, c'est quand même glacé). Et que j'ai le nez rouge.
La baie est célêbre pour ses îlots, qui abritent des colonies de manchots (deux espèces: manchots de magellans et de humboldt, mais que je ne sais pas distinguer). Il y a aussi des baleines en été, mais dommage, elles n'étaient pas en avance. Ballades dans les environs, magnifiques, avec des plantes géantes, des coquillages entortillés, des restes de crabe, et le pacifique, qui porte assez mal son nom.
Dans le bateau pour s'approcher des manchots
En plus des manchots et à la place des baleines, des loutres de mer qui se la coulent douce
Les pieds dans le pacifique !
Des plantes géantes, les Nalca, dont la tige se mange.
C'est à la fois acide et amer, autant dire que cru, il y a mieux.
Plein de Nalcvas = garde mager
Nouveau jour, nouvelles découvertes.
On était partis pour faire du stop à quatre, avec l'idée de rejoindre la baie de Chepu. Mais après une heure d'échec, on s'est séparés, ce qui a rendu les choses beaucoup plus faciles.
Avec Julia, on arrive enfin vers 16h. Chepu, c'est une vallée innondée d'arbres morts, "El bosque muerto", suite au terrible tremblement de terre de 1960 (et au tsunami qui a suivi). Grâce à un pêcheur sur place, on a pu s'approcher un peu en bateau. Le paysage est absolument surréaliste, avec ces troncs blancs droits comme des i qui sortent de l'eau.
Le sympathique (et bien payé) pêcheur (avec Julia on a eu l'anti-don du marchandage, qui consiste à proposer d'emblée plus que le prix attendu) nous a aussi emmené â la sortie du fleuve, quand l'eau douce et calme rejoint les vagues du pacifique. De là, petite marche, et vue magnifique sur la côte ouest de Chiloé.
Le sauvetage de la bouteille de coca.
Les chiliens, espagnols et autre que j'ai pu rencontré pensaient généralement que les francais ont une alimentation super-saine et équilibrée. Avec mon régime de cookies-coca, je leur ai démontré que c'est un vaste cliché.
Pour repartir de là, joyeuse galère à 21h: marche et tentative de stop sur un chemin désert, et qui s'est conclue par une demande d'aide aux riverains.
Bon, mais ca c'était des jours de super-beau temps. Á Chiloé on a aussi connu la pluie, le froid, les pieds mouillés.
La Isla Muerte, petite île à laquelle on accède par un pont. Ambiance particulière, avec un petit cimetière et une toute minuscule église.
Et enfin Castro, où je suis allée toute seule un de ces "jours de rien". Capitale de l'île, la ville est connue pour ses palafitos, maisons colorées sur pilotis.
Bon, à part ca j'ai pas bien accroché avec Castro, c'était le jour du téléthon, d'une ampleur folle au Chili.
Et pour terminer: fleurs blanches trop jolies qui recouvrent l'île !
Encore une fois, ma botanique a ses (grandes) limites, si quelqu'un peut m'aider ?

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