rappel géographique

rappel géographique

el calor me mata


    L'arrivée à Mendoza (vendredi 24, à 7h du matin, et déjà 35 degrés), c'est le début d'une longue histoire de poisse électronique. Tous mes appareils ont la grippe (ou m'ont en grippe, à voir). Mon chargeur de téléphone a mystérieusement disparu. Mon téléphone, déjà bien malade, se met à s'éteindre intempestivement. Mon mp3 fait pareil, allez, tant qu'à faire. Et et et, premier jour à Mendoza, mal réveillée avec cette chaleur étouffante et la nuit dans le bus, alors que je discute tranquillement avec Pattrick l'australien (oui, toujours lui, on se croise et se recroise), mon appareil photo disparaît. À 12h30, je l'avais, à 12h38 je l'avais plus. La magie de l'Argentine. 
Mais si ça s'arrêtait là, ce serait pas drôle. Grâce à mon mécène (et patient ! avec l'âge tout arrive) de padrecito, j'ai pu me racheter un appareil. Et j'ai donc repris des photos. Jusqu'à ce que la carte mémoire me dise qu'elle en a marre, elle aussi, de bien marcher. 
Le point positif est que maintenant que tout y est passé, je risque plus rien.
Mais du coup je n'ai que peu de photos, allez, courage, il va falloir lire. 


     Mendoza donc. Une grande ville, d'un million d'habitants (quatrième ville du pays). Avec tous mes problèmes à régler (l'appareil photo, mais aussi les banques, toujours toujours toujours), j'ai pu la traverser dans tous les sens. Et il y a des choses que j'y ai vraiment aimé. Les longues et larges rues bordées de platanes et de palmiers, le grand parc, les vieux bâtiments colorés, les terrasses sur le trottoir, la vie qui s'y arrête entre 13 et 17 heures, le système d'irrigation des arbres. Chaque soir, un peu de vent et des éclairs, on espère la pluie, mais non. 


    Autour de Mendoza, il y a essentiellement des vignes, et la grande sortie du coin, c'est d'aller en vélo faire le tour des bodegas, et déguster tous les vins. Mais bon, le vélo je connais, les vignes aussi, et l'idée d'aller pédaler au soleil quand il fait 40 degrés à l'ombre en picolant du vin rouge me tentait moyennement. 
Et à la place, je suis allée à l'autre sortie du coin (touriste tu es, touriste tu resteras), sur la route des Andes (ruta 7), qui traverse la Cordillère, pour aller jusqu'au Chili. Une grosse galère pour les bus (quand mon bus décide de doubler un autre bus alors qu'une voiture arrive en face et que la route longe un précipice, ça me crispe). Mais des panoramas magnifiques, des montagnes de toutes les couleurs, et des glaciers suspendus aux sommets. Une jolie vue de l'Aconcagua (en Inca Acon Cahuac = Sentinelle de pierre), la plus haute montagne du continent Américain, qui parraît plutot rikikie vue de loin. Des restes de l'ancienne voie ferrée, celle qui a permis de désenclaver la région avant le développement des gros camions. Des stations de ski, à l'architecture aussi douteuse qu'en France. De toutes petites villes, désertiques, qui font vraiment minuscules au milieu de ces grandes montagnes. Et le puente de Inca, une formation gélogique curieuse et jolie.
(sur cette partie là, j'ai eu le temps de charger quelques photos)





Il y a vraiment une piste à approfondir (un sujet de ménoire en histoire de l'art ?) sur l'architecture moche des stations de ski, internationale

Le petit truc enneigé au fond donc, c'est la grosse montagne. 6962 mètres quand même. 







El puente del Inca. 
Une arche naturelle recouverte de concrétions calcaires jaunâtres. Mais comment ? (me demanderez-vous, après trois nuits de réflexions sur ce curieux phénomène. Heureusement, monsieur le guide du routard (ou madame, d'ailleurs) nous renseigne et nous évite l'insomnie: jadis, un pont de neige très solide s'était constitué; il fut recouvert par les débris d'un éboulis, et au fil du temps, ces débris se sont trouvés cimentés par le calcaire provenant des eaux thermales. Ouf, mystère résolu). 

Le río Cuevas, maronasse - j'arrête de me baigner dans les lacs et rivières, du coup. 

     Après ces quelques jours à Mendoza, besoin de calme et de campagne. Bus pour le village de San Agustin valle Fertil. Un petit village, fertile, comme son nom l'indique, qui contraste avec le désert alentour (cactus et terre rouge partout). Là, des arbres, une rivière, une petite auberge colorée (des murs rouges, jaunes et bleus), et vide (seule dans un dortoir de huit lits, pour le calme, c'est gagné). J'aurais aimé y rester plus longtemps. Mais mauvaise gestion de mon liquide.

    En route pour y aller (huit heures de bus quand même), passage à l'oratorio de la difunta Correa (pas de photos, enfin si, mais sur ma carte malade). Pendant la guerre de 1840, Deolinda Correa part avec son bébé à la recherche de son mari conscrit. Mais elle meurt de faim, de soif, et d'épuisement (ce qu'on comprend facilement quand on voit les paysages d'ici). Quand les muletiers la retrouvent, quelques jours plus tard, l'enfant, au sein de sa mère (morte), vivait toujours. C'est un peu glauque comme histoire, mais ça a donné naissance à une sorte de Lourdes sud-américain. Des milliers de pélerins viennent chaque année y déposer des objets qui symbolisent ce sur quoi les faveurs du Ciel sont attendues. Il y a beaucoup de plaques d'immatriculation... vu comme ils conduisent, les routiers ont bien raison de demander de l'aide au Ciel ! 

    Depuis le village de San Agustin, des promenades à vélo, jusqu'aux cerros des environs, fascinée par tous ces cactus. J'ai vu mes premiers phasmes en liberté (et non pas dans la chambre de mes parents ! Pourquoi est-ce que j'ai ce souvenir de phasmes dans un vivarium à L'isle d'abeau ? Pourquoi on a eu des phasmes ?), de gros lézards verts, des cochons d'inde (casse-croûtes des serpents, mais pas vus) et des condors.
   Une journée au parc Talampaya (touriste, touriste encore). Un immense cannyon, avec d'immenses parois rougeoyantes. Magnifique. La vie y semble p`lus qu'hostile, et pourtant. C'est là qu'ont été découverts des squelettes de dinosaures (mais là, la nature était différente). On peut encore y voir des pétroglyphes qui dateraient de 2000 ans BC, avec des caravanes de lamas et des signes bizarres. Et plein d'arbres et d'animaux (je pleure mes photos). 





Le Nandú ! Sa cousine l'autruche a l'oeil plus gros que le cerveau... 

























Et le Maras, lapin géant, qui a vraiment l'air croisé d'un chevreuil (mère nature, tu nous expliques ?)

    Une courte nuit dans le bus, et je me réveille à Cordoba. Nouveaux paysages et nouveaux climats, sans aucune transition, je ne sais pas si j'aime trop ça (je crois pas). 
Cordoba, deuxième ville du pays (1,5 million d'habitant, toujours plus), développée par les jésuites, et aujourd'hui plutôt étudiante. 
Je retrouve ce phénomène naturel que j'avais presque fini par oublier: de l'eau qui tombe du ciel, mais oui mais oui, il pleut aussi parfois en Argentine ! Ca fait un bien fou. Mais ça augmente tout autant ma flemme et mon envie de rester au lit pour bouquiner. Du coup j'ai bien vu l'auberge, jolie et colorée. Et vide ! 


    Bon, je suis quand même sortie voir comment c'est. Et, pluie obligeant, je me suis réconciliée avec mes vieux-démons que sont les musées. Plusieurs mois que je les évitais soigneusement (quelques traumas peut-être ?). Et en fait c'était vraiment bien. Le musée d'art religieux, dans un ancien monastère, avec des Christ sanguinolants et des vierges toutes plus kitch les unes que les autres; le musée histórico de la Universidad; et des églises, plein d'églises !

L'Iglesia Catedral, commencée en 1599, et terminée au XIXème siècle !

Sur les tours de la même église, des anges sculptés par les indiens: jupes en plusmes d'autruche ! J'aime beaucoup.

Une autre église, mais j'ai oublié laquelle

Et l'Iglesia de la Compañia de Jesús, la plus ancienne d'Argentine. Voute en coque de bateau renversé, ouahou

Ouais...



Et puis surtout un super endroit pour manger des empanadas miammiam ! 
Sur les murs, des petits mots du monde entier. On trouve de tout

Cordoba est entourée de sierras, des montagnes, des rivières, des villages cachés.
Du coup, j'ai fui, et j'ai bien fait.
Quelques jours à San Marcos Sierras, le paradis (à part la chaleur revenue). Pour le coup c'est vraiment un village hippie. Cheveux longs, pieds nus et musique à chaque coin de rue (je fais dans le cliché, c'est gros, mais ça rend bien l'ambiance). Deux rivières, le río San Marcos, vraiment marronasse, et le río Quilpo, un peu plus loin mais beaucoup plus joli, avec des grosses pierres et des piscines naturelles, ça me rappelle Anduze. Des journées au bord de l'eau, dans l'eau, ou dans le hamac, et des soirées à écouter des concerts de musique d'ici, le tango et la chacalera.
(par contre le village hippie est pas à jour sur les ordinateurs, celui-ci rame tellement que je risquerais de m'énerver si je persistais un peu plus et ce serait bien dommage. Les photos viendront donc un peu plus tard, je pars demain pour Buenos Aires)












(ps Notes de look: Pour maîtriser un peu mes cheveux qui prennent beaucoup trop de libertés, j'ai essayé de les couper toute seule, ce qui est loin d'être un succès. Ajouter à ça le parapluie-barbie acheté à Cordoba, bleu transparant sans paillettes mais presque, le sac à dos chaque jour un peu plus chargé (j'arrive pas du tout à me séparer des livres que je lis, ce qui devient problématique), ça donne idée de la bestiole)





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